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Photo de Jean-Marc Cherix et Musée Ariana

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Comme l'explique Anne-Claire Schumacher, conservatrice en chef du Musée de l'Ariana: " Il est vrai qu'au XIXe siècle, le musée attirait une certaine élite instruite, mais aujourd'hui nos expositions sont très variées, audacieuses et interactives. Nous avons beaucoup de familles, d'adolescents et de jeunes adultes en visite - ainsi que de nombreux touristes. Nous organisons également des ateliers très populaires pour différents publics allant des tout-petits de deux à quatre ans aux résidents des maisons de retraite."

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Photo de Nicolas Lieber et Musée Ariana


"Mur/Murs"

Mais comment les briques et les murs s'intègrent-ils à la céramique? Comme le souligne Anne-Claire Schumacher " la brique fait en effet partie intégrante des techniques céramiques telles que la faïence fine, le grès et la porcelaine. La céramique est aussi un médium qui utilise les quatre éléments: la terre, le feu, l'eau et l'air. On associe généralement la céramique à la vaisselle, mais cela inclut aussi la sculpture et l'architecture".

Ironiquement, en Suisse aujourd'hui, les briques, qui sont une solution de construction écologique, sont peu utilisées et les étudiants en architecture sont formés au béton, au bois et au verre, mais rarement aux briques.

L'exposition est une nouveauté pour le musée - c'est la première fois qu'il aborde le domaine de l'architecture et s'étend dans le jardin de cette institution importante.

A l'intérieur du bâtiment, l'exposition montre l'évolution de la brique depuis ses origines (8000 - 7000 av. J.-C.) jusqu'à nos jours et révèle différentes techniques, utilisations et adaptations de la brique dans divers pays dont la Chine, l'Inde, la Corée et le Danemark. Jacques Kaufmann a également expérimenté la transformation de briques en sculptures ou installations. Une exposition clé est la "Brique flottante": 2500 petites briques suspendues à des tiges flexibles donnent l'impression d'un champ de blé et montrent la brique comme légère et fluide plutôt que solide et rigide.

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Photo de Rémy Gindroz et Musée Ariana


Mais d'un point de vue architectural, les cinq installations extérieures de l'exposition constituent le point culminant. A l'approche du musée, deux délicats panneaux de briques dessinent les contours d'une cuvette. Selon l'heure du jour et la lumière, elles apparaissent presque transparentes, ce qui permet au majestueux bâtiment du musée de se détacher à l'arrière-plan. Une fois que vous vous approchez réellement du bâtiment, vous êtes cependant confronté à une installation plus dérangeante qui semble s'étendre dans le musée par une fenêtre du rez-de-chaussée. Comme l'ont commenté plusieurs visiteurs, "cela ressemble presque à un chantier de construction et ne peut certainement pas faire partie de l'exposition".

Dans le jardin, une installation très différente et qui, à la demande générale du public, deviendra partie intégrante du parc, est le "Vol de la Mouche", un muret de brique en serpentin qui ressemble à une ligne au crayon dans le paysage où il s’y intègre parfaitement.

La grande hutte en terre cuite construite avec l'aide d'étudiants en céramique a pris plus de trois jours à cuire. Quant à la dernière installation, "Faites tomber le mur!", il s'agit en fait d'un simple mur de briques blanchies à la chaux sur lequel les visiteurs peuvent s'exprimer au graffiti. Le 9 novembre 2019, 30 ans après la chute du mur de Berlin, le public est invité à assister à sa chute symbolique. Les briques séparées seront ensuite vendues au profit de l'association locale ARFEC (Association romande des familles d'enfants atteints d'un cancer).

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Photo de Nicolas Lieber et Musée Ariana


Une institution locale d'envergure mondiale

Le musée de l'Ariana a parcouru un long chemin depuis que son fondateur Gustave Revillod l'a construit pour exposer sa vaste collection. Ce grand bâtiment du XIXe siècle aux éléments néo-renaissance et néo-baroque est orné de plafonds peints par l'artiste genevois Frédéric Dufaux, de sculptures du sculpteur italien Luigi Guglielmi, de colonnes salomoniques en marbre et d'impressionnants vitraux. Depuis son ouverture en 1884, il est devenu un point de repère et est reconnu comme l'un des principaux musées de la céramique et du verre en Europe, avec sa vaste collection datant du IXe au XXIe siècle.

"Mur/Murs" s'intègre parfaitement dans le contexte de ce musée. Les murs font partie de notre vie quotidienne et sont construits à des fins différentes - que ce soit pour unir ou isoler, pour accueillir ou donner un abri ou, au contraire, pour aliéner ou diviser. Entourés d'organisations internationales, les murs du musée de l'Ariana ont toujours été un lieu de rencontre et Jacques Kaufmann a voulu, à travers son exposition, souligner ce rôle fondamental.

Sur un espace défini à cet effet, les visiteurs de l'exposition collent des post-it avec leur propre définition du mur. L'un d'eux dit "Un mur est une chanson"....]

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Photo de Nicolas Lieber et Musée Ariana
Installation
Photo de Nicolas Lieber et Musée Ariana